Chaque année passée est plus courte que la précédente !
Où, pourquoi je milite pour les années logarithmiques
Mais comment ça mon bon Monsieur : "les années se suivent, et elles sont bien toutes approximativement composées de 365 jours !". Oui, si l'on s'en réfère au calendrier.
Mais songez-y : vous souvenez-vous, étant gamin, avoir admiré l'insolente régularité de la trotteuse de votre montre à aiguilles ? Cela m'arrivait étant gamin. A ce moment, je trouvais que sa course lente. Aujourd'hui, lorsque je reproduis l'expérience, je trouve que le rythme de la trotteuse est nettement plus soutenu.
Non, je ne suis pas en train de raconter que je suppose que le temps se soit accéléré entre temps, mais plutôt que tout le monde bénéficie de l'appréhension du "temps psychologique". Lorsque, étant petit, on vous disait qu'il fallait encore attendre une heure, cela vous paraissait une éternité; alors qu'aujourd'hui (pour la majorité des lecteurs), cela vous semble un moment beaucoup plus court.
Venons en au fait
Cette petite note, afin de vous faire partager - si ce n'est déjà fait - une petite pensée concernant notre appréhension en tant qu'être vivants de l'écoulement du temps. Dans l'hypothèse un peu saugrenue que l'écoulement du temps se fait de manière régulière au fur et à mesure que ce dernier "avance" (que le temps est une fonction absolue de la notion de rythme d'écoulement des événements, qu'il n'en existe aucune dérivée), et bien le rapport entre une durée mesurable bien connue comme "une heure" et la durée de votre existence ne fait que diminuer au fil du temps qui passe.
"Passer de l'âge de 16 ans à l'age de 32 ans, c'est comme de passer de 32 à 64 ans : c'est la même impression temporelle".
C'est mathématique ! Et c'est bien ça qui me fait peur, car ce que les maths font, il est rare qu'elles le défassent. Chez l'être vivant, j'imagine que le mécanisme de perception de l'écoulement du temps ne change pas, ainsi qu'il raisonne tout le temps en terme de rapport entre la durée d'un moment et la durée de la vie déjà écoulé. C'est pour cela qu'un moment du durée assez universelle comme une heure ne nous semble pas durer également d'un instant de votre vie à l'autre.
Alors, que faire contre le temps psychologique ?
Et ben, en fait pas grand chose, d'après moi. Il ne reste plus qu'à se poser des questions au sujet de l'écoulement du temps : est-ce que l'écoulement du temps que nous connaissons, ne serait-il pas lui-même régi par les règles d'un temps autre, que l'on pourrait appeler "méta-temps" ? Par conséquent, on pourrait très bien imaginer que notre temps puisse s'écouler de manière non régulière.
On peut bien jouer de ce raisonnement à l'infini, et penser qu'il existe un supra-méta-temps au méta-temps, et ainsi de suite. Il existe peut-être plusieurs dimensions de temps (voire une infinité). Pouvons-nous déterminer dans laquelle nous nous trouvons ? Vivons-nous dans la même dimension de temps d'un humain à l'autre ? D'un être vivant à l'autre ? Qui sait ?
Je m'égare du sujet principal. Je n'ai pas de remède à vous proposer contre la perception du temps psychologique. Pour savoir combien de temps cela prends pour fêter ses 64 balais lorsque l'on a 32 ans, il suffit de se rappeler le temps qu'il a fallu pour passer de 16 à 32 ans ! Oui, c'est vrai, c'est un peu déprimant.
Ceux qui ont porté des montres à aiguille me comprendront. J'enfonce bien évidemment des portes ouvertes. Mais bon, on n'y songe pas assez...
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