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Le corps humain n'a pas suivi l'évolution de l'esprit

Ou comment notre physique n'a pas pu suivre notre mental

by Édouard Mercier posted at 2007-11-08 01:51 last modified 2007-11-08 01:51

Human evolution

Rendez-vous compte, ces 6000 dernières années ont largement occupé l'humanité à inventer toute sortes de choses, depuis l'écriture jusqu'à la théorisation ultra poussée des sciences, en passant par l'imprimerie, le téléphone, l'Internet... Comparée à l'estimation de la date d'apparition des premiers hominidés (soit, environ 6 500 000 années en arrière, avec notre papa à tous, Toumaï), la période correspondant à cette évolution vertigineuse paraît vraiment un très court instant.

Là où je veux en venir, c'est que notre esprit d'humain, plus précisément notre technique et notre exploration de la compréhension du monde, est sans commune mesure avec les changements biologiques sur ces dernières 6000 années. L'un des derniers changements marquants de traits physiques remonte à notre bifurcation avec Néanderthal (il y a environ 50 000 ans, et considéré comme l'homme moderne). Depuis, il semble que les évolutions physiologiques soient véritablement mineures, si l'on s'en réfère par exemple à la forme du crâne, à son volume.

Vers une accélération du décalage entre le corps et l'esprit ?

Qui plus est, il semble que ces 100 dernières années marquent encore une accélération en ce qui concerne le déphasage du corps et de l'esprit. Pendant que notre corps a très peu évolué, l'esprit de l'humanité a su découvrir et expliquer tant de phénomènes, en ayant recours à des révolutions intellectuelles, avec l'avènement de la théorie de la relativité, l'introduction de la mécanique quantique, la formalisation de la logique Gödelienne, la percée de la génétique, l'introduction de l'ordinateur.

Il y a environ 4000 avant JC, il semble que l'écriture fasse ses premières apparitions en Mésopotamie. Puis, les Grecs jettent les bases de la géométrie et de l'arithmétique, théorisent avec la philosophie, peu avant JC. Il faudra attendre Gütemberg au milieu du XVeme siècle avant que l'on commence à industrialiser la production de livres. Le siècle des lumières nous apporte sont lot de découvertes sur l'électricité, et nombre de formalismes, notamment la mécanique classique de Newton.

A partir de là, les avancées de la science explosent littéralement. Sans prétendre jouer les épistémologues, on peut constater que le rythme des découvertes ne cesse de s'accélérer, certainement en grande partie grâce à la vulgarisation de la diffusion de l'information (nous vivons d'ailleurs désormais dans la société de l'information).

Et plus le temps avance, plus on a l'impression que le ratio entre le nombre de découvertes et une durée de temps fixe augmente. Un peu à la manière d'une loi de Moore, à savoir que tous les 10 ans, l'humanité double son volume de connaissance sur la compréhension de l'univers (sans considération de coût associé).

Spécialisation et échelle

Cette accélération de la connaissance, cette accélération de la compréhension du monde (et par là-même l'accélération de notre prise de conscience que l'on ne sait rien) ne s'opère bien évidemment pas sur chaque être, mais uniquement à l'échelle de l'humanité.

Elle n'est possible que par la spécialisation de l'être humain, ce qui lui permet de franchir des barrières toujours plus ardues. L'humanité a produit des individus de plus en plus spécialisés, et c'est le prix que l'on semble devoir payer pour que cette accélération puisse se poursuivre.

Reste encore quelques passeurs qui sont capables de faire la liaison entre telle et telle spécialité, mais ces derniers semblent se faire de plus en plus rares, tant l'étendue de la connaissance est vaste : les "doctes" ne sont plus.

Le sport et les limites du corps humain

Quand est-il maintenant de l'évolution de notre morphologie, de notre anatomie ? Il est patent que nous ressemblons à nos parents, grands-parents, arrière grands-parents. Nous ne pouvons constater d'évolution notable, en tout cas pas aussi notable qu'en ce qui concerne le savoir de l'humanité dans sa globalité.

Le sport est peut-être une discipline ou l'on essaye d'accélérer ces mutations physiques, mais avec des moyens artificiels. Je veux bien entendu parler du dopage, qui est l'expression du démiurge humain, qui essaye de simuler localement l'accélération de la capacité de l'humain à évoluer physiquement sous l'impulsion d'un entraînement ultra intensif.

La logique tend à penser que nous devrions devenir des êtres de plus en plus malingres et faibles, puisque nous n'avons plus besoin de nous imposer physiquement dans le milieu dans lequel nous vivons. Seul l'homme devient son propre prédateur.

Il semble que l'esprit, dégagé de la contingence, soit définitivement plus véloce que le corps.

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L'informatique, c'est comme la médecine !

Ou pourquoi le docte omniscient a progressivement disparu

by Édouard Mercier posted at 2007-09-10 23:23 last modified 2007-09-10 23:23

Photographie de Kurt Godel

"T'es dans l'informatique ? Ah tiens, sur mon PC, j'ai un problème avec le wifi : c'est super lent, et parfois j'ai l'impression de perdre ma connexion. Tu pourrais me passer un coup de main, s'il-te-plaît ?". Voilà typiquement le genre de phrase que j'entends régulièrement. Et pourtant, si vous avez un problème de vue, iriez-vous consulter un podologue ?

Où veux-je en venir ? Je voudrais mettre en valeur le fait que l'informatique est devenu une discipline très vaste, comme la médecine, et que par conséquent, il y a de nombreuses spécialités, et que le spécialiste d'un domaine de l'informatique n'y connaît peut-être pas grand chose dans une autre discipline : l'informaticien omniscient n'est plus ! Certes, de la même manière qu'en médecine, il existe des généralistes, mais ces derniers ne seront pas forcément à même de vous dépanner sur un sujet pointu d'une discipline.

Quelques disciplines de l'informatique

Mais au fait, quelle sont ces disciplines ? Je vais tâcher d'en dresser une liste qui permette de vous rendre compte à quel point il existe désormais des disciplines variées. Et encore, je ne vous parle que de celles que je connais :

  • base de données et stockage : l'enjeu est de rendre accessibles et de manière rapide, sécurisées les données des applications,
  • réseau : il s'agit de travailler au niveau de la manière de faire transiter de l'information d'une machine à une autre,
  • interfaces graphiques : la mise en place d'une série de fenêtres, de contrôles visuels grâce auxquelles l'utilisateur pourra utiliser une application. Il existe des applications graphiques dites "lourdes" (il vous faut un programme localement pour l'utiliser, comme Microsoft Word) et "légères" (seul un navigateur Internet comme Internet Explorer ou Firefox est requis pour l'utiliser); même ici, on peut considérer qu'il s'agit de deux mondes différents. Et puis, il y a même ceux qui conçoivent le programme qui permet de créer des interfaces graphiques,
  • temps-réel : l'enjeu est de faire en sorte que le programme que vous exécutez soit tout à fait contrôlable en terme de priorité entre les différents algorithmes qui s'exécutent en parallèle dans un microprocesseur (on les appelle "thread"),
  • hardware : que serait l'informatique s'il n'existait pas de machine ? Certains ont même déjà commencer à commercialiser l'usage de l'ordinateur quantique
  • et tout ceux auxquels je ne pense pas immédiatement, et qui feraient que je vais passer ma soirée à énumérer...

De la médecine à l'informatique

Il n'y a qu'un pas que j'ose franchir allègrement ! Cette spécialisation et cette topologie me rappelle tout de même étrangement la médecine, où l'on retrouve des urologues, des gynécologues, des podologue, des dentistes, des kinésithérapeutes, des chirurgiens du cœur, des ophtalmologistes, que sais-je encore. Le parallèle est simple.

L'informatique est une discipline en évolution particulièrement rapide, qui offre son lot de découvertes chaque jour, tout comme en médecine. Si vous restez sur vos acquis d'il y a cinq ans, il y a fort à parier que l'on ne vous confiera pas beaucoup de travail. L'informaticien est donc une race de gens voués à se trouver en apprentissage en permanence, à moins d'être prêt à lâcher le fil... Une bande de damnés en quelque sorte.

En passant par le garagiste ou le réparateur de machine à laver

Plus je le vis, plus j'y pense, les informaticiens sont de véritables réparateurs de machine à laver. Vous leur demander de faire quelque chose, ou de réparer, et vous avez immédiatement droit à un : "Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Mais qui vous a fait ça ? Il faut tout refaire, ça été fait à l'envers du bon sens mon bon Monsieur !". Et lorsque arrive la facture, c'est la même surprise que devant le garagiste : la note est toujours une surprise, et bien entendu vous ne comprenez votre garagiste qu'un mot sur deux, et franchement tenir une conversation avec un mot sur deux, c'est tout de même périlleux. Tout ça a besoin de se normaliser un peu.

Aux temps du far-west de la silicone

Car on en est qu'au début. Il faut se le dire ma bonne Dame, l'informatique ne vas en rster là, ne pas pas soudainement s'arrêter : tout ce qui peut être automatisé le sera, telle est la devise de l'informaticien. Tueur de boulots peu inventifs, car il faut bien l'avouer, c'est pas bien malin une machine. Tout juste bonne à exécuter des flots d'instructions sans répits, même pas une erreur tous les 100 ou 1000 milliard de calculs.

C'est encore le far-west. Rendez-vous compte, une discipline mise en pratique de manière pratique depuis à peine plus de 60 ans, et qui compte déjà tant d'utilisateurs, tant de créateurs de programmes ! Une révolution digne de Güthenberg. Certes, elle est également peuplés de têtards informateux, tout justes pubères, même s'ils ont déjà bien dépassé la trentaine. Mais je m'égare, cette petit envolée lyrique me déplace de mon sujet.

Et les généralistes dans tout ça ?

Mais oui me direz-vous : "et les généralistes dans tout ça ?". Une petite pensée émue pour le médecin généraliste, celui que l'on consulte sans vraiment y croire. Qu'il est dur de survivre dans cette jungle des technologies ! Et pourtant, tel est son devoir : il le fait souvent avec beaucoup de maladresse, car c'est un sacerdoce que de se tenir au jus. C'est un sport périlleux de prétendre que l'on parvient à suivre toute cette effervescence tout azimut, et ce en faisant les liens. Ils sont censés être la substance gluante entre les disciplines, afin de pouvoir tirer profit de chacune dans un tout.

En général, les informaticiens aiment les appeler "architectes", parce qu'ils ne codent plus. Pardon, ils n'écrivent plus de programmes. Enfin pas tous, heureusement. C'est fou ce que les jeunes apprentis leur dévoue comme envie : on dirait que c'est le nirvana professionnelle. Un état dans lequel on ne recherche plus à ressortir. Mais attention, à y rester trop enfermé, on s'y sclérose ! N'oublions pas que l'informaticien se nourrit exclusivement de code, que c'est sa manière à lui de jouer les démiurges. On part de rien, juste d'une idée de quelque chose qui pourrait faciliter la journée, et on finit par produire quelque chose qui réagit. Et parfois, ça réagit même bien. Certes, très peu.

Un emploi à vie ?

Ah ça, les informaticiens ne risquent pas d'être au chômage ! Ils sont eux mêmes les auteurs des erreurs qu'ils corrigeront tôt ou tard. Malheureusement, on ne peut écrire un programme qui vérifie si pour tout programme celui-ci s'arrêtera un jour. Peu importe le détail : en très approximatif, on ne peut pas du coup écrire un programme qui pourra vérifier à tous les coups qu'un autre programme est fidèle à ses spécifications (c'est-à-dire en terme d'informaticien francophone "non bugué"). C'est prouvé (merci à Gödel et ses acolytes). Enfin, dommage pour qui ? Avec cette splendide démonstration d'auto-référence, les informaticiens viennent de s'inventer un métier avec emploi à vie. Je suis bien placer pour le savoir.

La prochaine fois que vous demandez un petit coup de main à un informaticien

Pensez, parfois, que vous risquez de vous retrouver dans la position de celui qui demande à un podologue comment il se fait qu'il se réveille parfois le matin avec les yeux tout secs, voire à un médecin si c'est normal que les pignons de sa bagnole raclent lorsqu'il passe la seconde...

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Vision de code malveillant

Ou, comment attaquer le système électronique d'information mondial.

by Édouard Mercier posted at 2007-09-06 23:27 last modified 2007-09-06 23:27

Un virus

Il me vient une idée simple : et si un pirate du web réussissait à s'introduire sur le système d'information des grands moteurs de recherche comme Google, Yahoo ? Et que cette personne arrivait à atteindre le service interne de référencement des pages, et faisait en sorte que, quelle que soit la recherche que vous faites sur le moteur de recherche, un lien vers une page de son choix apparaissait en premier dans le résultat, voire pire, que tous les liens proposés soient remplacés par ceux de son choix ?

N'aurait-on pas là un code malveillant d'un nouveau type ? En effet, il ne s'agit pas à proprement parler d'un virus, car ce dernier ne se reproduit pas. Il s'agit certainement d'un nouveau type dans la catégorie des codes malveillants, comme les bombes logiques, les chevaux de Troie, les virus, les vers.

Je pense que ce type d'attaque aura certainement lieu, étant donné que les moteurs de recherche sont désormais les portes d'entrée du web, et que l'occasion est trop belle pour ne pas être tentée, et peut-être une fois réussie. Et j'imagine que les firmes qui produisent ces formidables moteurs y ont certainement déjà pensé, et qu'elles dépensent pas mal d'énergie à rendre le coeur de leur système inattaquable. Quand-même, il y a de fortes chances qu'un groupe y parvienne. Si c'est le cas, ce serait peut-être le code malveillant qui ferait le plus parlé de lui depuis l'invention du premier code malveillant, non ?

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Chaque année passée est plus courte que la précédente !

Où, pourquoi je milite pour les années logarithmiques

by Édouard Mercier posted at 2007-05-06 00:08 last modified 2007-09-06 22:19

Montre Molle au Moment

Mais comment ça mon bon Monsieur : "les années se suivent, et elles sont bien toutes approximativement composées de 365 jours !". Oui, si l'on s'en réfère au calendrier.

Mais songez-y : vous souvenez-vous, étant gamin, avoir admiré l'insolente régularité de la trotteuse de votre montre à aiguilles ? Cela m'arrivait étant gamin. A ce moment, je trouvais que sa course lente. Aujourd'hui, lorsque je reproduis l'expérience, je trouve que le rythme de la trotteuse est nettement plus soutenu.

Non, je ne suis pas en train de raconter que je suppose que le temps se soit accéléré entre temps, mais plutôt que tout le monde bénéficie de l'appréhension du "temps psychologique". Lorsque, étant petit, on vous disait qu'il fallait encore attendre une heure, cela vous paraissait une éternité; alors qu'aujourd'hui (pour la majorité des lecteurs), cela vous semble un moment beaucoup plus court.

Venons en au fait

Cette petite note, afin de vous faire partager - si ce n'est déjà fait - une petite pensée concernant notre appréhension en tant qu'être vivants de l'écoulement du temps. Dans l'hypothèse un peu saugrenue que l'écoulement du temps se fait de manière régulière au fur et à mesure que ce dernier "avance" (que le temps est une fonction absolue de la notion de rythme d'écoulement des événements, qu'il n'en existe aucune dérivée), et bien le rapport entre une durée mesurable bien connue comme "une heure" et la durée de votre existence ne fait que diminuer au fil du temps qui passe.

"Passer de l'âge de 16 ans à l'age de 32 ans, c'est comme de passer de 32 à 64 ans : c'est la même impression temporelle".

C'est mathématique ! Et c'est bien ça qui me fait peur, car ce que les maths font, il est rare qu'elles le défassent. Chez l'être vivant, j'imagine que le mécanisme de perception de l'écoulement du temps ne change pas, ainsi qu'il raisonne tout le temps en terme de rapport entre la durée d'un moment et la durée de la vie déjà écoulé. C'est pour cela qu'un moment du durée assez universelle comme une heure ne nous semble pas durer également d'un instant de votre vie à l'autre.

Alors, que faire contre le temps psychologique ?

Et ben, en fait pas grand chose, d'après moi. Il ne reste plus qu'à se poser des questions au sujet de l'écoulement du temps : est-ce que l'écoulement du temps que nous connaissons, ne serait-il pas lui-même régi par les règles d'un temps autre, que l'on pourrait appeler "méta-temps" ? Par conséquent, on pourrait très bien imaginer que notre temps puisse s'écouler de manière non régulière.

On peut bien jouer de ce raisonnement à l'infini, et penser qu'il existe un supra-méta-temps au méta-temps, et ainsi de suite. Il existe peut-être plusieurs dimensions de temps (voire une infinité). Pouvons-nous déterminer dans laquelle nous nous trouvons ? Vivons-nous dans la même dimension de temps d'un humain à l'autre ? D'un être vivant à l'autre ? Qui sait ?

Je m'égare du sujet principal. Je n'ai pas de remède à vous proposer contre la perception du temps psychologique. Pour savoir combien de temps cela prends pour fêter ses 64 balais lorsque l'on a 32 ans, il suffit de se rappeler le temps qu'il a fallu pour passer de 16 à 32 ans ! Oui, c'est vrai, c'est un peu déprimant.

Ceux qui ont porté des montres à aiguille me comprendront. J'enfonce bien évidemment des portes ouvertes. Mais bon, on n'y songe pas assez...

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Ma Google-mania

Ou comment vous faire partager mon engouement pour les services Google

by Édouard Mercier posted at 2007-02-02 00:21 last modified 2007-03-01 23:18

Logo Google

Je ne vais l'apprendre à personne, Google offre une multitude de services. En revanche, ils sont plutôt discrets sur le sujet, et en France, c'est majoritairement les geeks qui en entendent parler et les consomment. De plus, nombre de ces services sont encore considérés en mode bêta par Google.

Tout ce que je vous présente ici est gratuit : la seule contrepartie sont les annonces publicitaires discrètes que Google vous impose, sans lesquels Google n'existerait pas.

Par le biais de cet article, je compte vous faire un rapide survol de ceux que je connais et que j'utilise.

Un seul compte mais plusieurs services

En préambule, il est important de noter que la philosophie de Google est de faire en sorte que vous ne créiez qu'un seul compte Google une bonne fois pour toute, et que vous activiez un à un les services dont vous souhaitez bénéficier. Pour visualiser tous les services auxquels vous êtes abonnés, il vous suffit de vous rendre sur https://www.google.com/accounts/ManageAccount. Cette interface vous permettra en outre de régler les paramètres de vos services.

Lorsque vous allez vouloir visiter les liens Google correspondant aux services dont je vous parle, il vous sera demandé votre identifiant Google et votre mot de passe. Dès que vous les aurez fournis, le service correspondant sera automatiquement activé. Pour créer un compte, rendez vous ici. Passons désormais à la description de ces services.

Gmail : la boîte-aux-lettres d'e-mail universelle

Il s'agit de ce que l'on appelle un "webmail", c'est-à-dire d'une boîte aux lettres à laquelle vous pouvez accéder par le web à condition de disposer d'un navigateur Internet et d'une connexion à Internet (les e-mails restent stockés à distance).

Il est loin le temps des webmails à la Free, tout moches et pas ergonomique pour un sou. Avec Gmail, vous êtes dans le monde du Web 2.0 (ce qualificatif vaut à lui seul un article), avec un espace de stockage de 2 GB. (l'équivalent tout de même de 5000 livres de 200 pages chacun (donc vous pouvez raconter votre vie). Au delà d'une ergonomie dont Google a le secret, la philosophie est que vous n'avez pas à faire du nettoyage de vos e-mails tellement la capacité de stockage est importante.

Bien entendu, il vous est offert de faire des recherches dans vos e-mail. Vous pouvez associer des libellés à vos e-mails afin de pouvoir les trier, d'appliquer ces libellés de manière automatique. Gmail propose de représenter vos e-mail par fil de discussion : lorsqu'une personne répond à un e-mail, sa réponse est regroupée avec l'e-mail original. Il vous est même possible d'agréger vos autres boîtes-aux-lettres avec cette de Gmail, ce qui vous permet de retrouver tous vos e-mails dans la même boîte.

Vous pouvez accéder à vos e-mails depuis votre téléphone mobile, par l'intermédiaire d'une interface spécialement conçue pour. Vous pouvez obtenir un aperçu de vos nouveaux messages sur votre page d'accueil Google, sur NetVibes. Vous pouvez également être notifié au travers de FireFox, ou par Google Notifier.

Enfin, GMail intègre le service Google Talk, qui vous permet de discuter en direct avec les autres détenteurs de compte GMail, et de garder la trace de vos discussions. Tout cela est intégré directement à la page d'accès des e-mails GMail, et vous pouvez même télécharger le logiciel de discussion, qui se lance indépendamment.

En un mot, essayer Gmail, c'est l'adopter. Pour créer un compte, il faut être coopté, donc n'hésitez pas à demander à vos contacts dont l'adresse finit en @gmail.com. Une fois que cela est fait, rendez vous sur GMail.

Personalized Page : la page d'accueil personnalisée

Il s'agit d'une tendance du moment, mais qui selon moi va se confirmer, qui consiste à agréger du contenu hétérogène sur une page privilégiée. Google et NetVibes sont sur le coup. Mais parlons de Google. Ce dernier vous propose d'utiliser une page d'accueil personnalisée dans laquelle vous pouvez glisser ce que Google appelle des "gadgets". Il en existe pléthore que vous pouvez découvrir et ajouter à votre page.

Ces gadgets ont des fonctionnalités très diverses, qui vont du bulletin météo aux cotations de la bourse, en passant par la lecture de flux RSS, par l'affichage de vos liens del.icio.us, par l'affichage de favoris vers des pages web, par l'affichage de vos derniers e-mails. Il existe beaucoup de gadgets qui ne servent absolument à rien, donc il faut savoir faire un choix. Comme il vous est possible de créer plusieurs onglets, vous pouvez les regrouper par thème. Google offre des liens vers tous vos services Google depuis votre page d'accueil personnalisée. La page d'accueil personnalisée, c'est le moyen de concentrer en une seule page tous vos pointeurs, histoire de gagner du temps.

Enfin, Google est en train de faire en sorte que tous ces gadgets soient directement intégrables dans des sites web existant, de sorte qu'il ne soit pas nécessaire de se rendre sur la page d'accueil de Google pour en profiter.

Ne tardez pas et cliquez donc sur http://www.google.com/ig (créez un compte Google si ce n'est pas encore le cas) !

Google Search History

Il s'agit là de pouvoir accéder à l'historique de vos recherches faites au travers de Google. Google vous propose une vue par date, par type de contenu recherché (vidéos, cartes, musiques, images, nouvelles...). De plus, Google retient les pages que vous avez réellement visitées suite à une recherche.

De plus, vous pouvez rechercher dans cet historique, ce qui vous permet d'opérer un filtre des plus efficaces, lorsque vous savez que vous avez trouvé une page web très intéressante, mais que vous ne la retrouvez plus. Lors de vos recherches Google "standard", si les mots clés entrés sont proches d'une recherche passée, Google vous proposera en réponse des pages que vous avez déjà visitées, tout en les marquant de manière particulière. Bien entendu, vous pouvez effacer la trace de pages que vous avez visiter. Google propose un "gadget permettant d'intégrer cet historique":http://www.google.com/ig/modules/builtin_smh.xml.

Rendez vous sous http://www.google.com/searchhistory, vous verrez ce service s'avère particulièrement pratique pour retrouver la trace de pages que vous aviez visitées par le passé, mais que vous ne parvenez plus à retrouver.

Google Maps : la cartographie revisitée

Il s'agit de pouvoir accéder à un service de cartographie (visualisation de cartes et de définition d'itinéraire, couplé à des localisations d'infrastructures). Son point fort, son ergonomie (encore une fois), sa simplicité d'utilisation, la mémoire des cartes déjà demandées.

Il est possible de mixer une vue de plan avec une vue par satellite, à la manière de Google Earth (si vous ne vous êtes jamais aventuré sur ce superbe outil, je vous invite à le télécharger et à l'essayer). De plus, il existe bien entendu un gadget qui permet d'intégrer ce service à la page d'accueil Google personnalisée.

Et maintenant, rendez-vous donc sur Google Maps.

Google Calendar

Ce service va vous permettre de gérer votre agenda, d'intégrer des calendriers communs, et de partager tout ou partie du votre avec le monde extérieur, de rechercher des événements, des rendez-vous. C'est un service assez original, qui vous permet bien entendu de créer des événements. Il vous offre la possibilité d'importer par exemple votre agenda Microsoft Outlook pour l'initialiser, de transformer des e-mail lus depuis GMail en événements.

De plus, il vous est possible d'exporter ce calendrier au format iCal (un format standardisé d'agendas), ce qui vous permet d'y accéder depuis une application comme SunBird. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de le synchroniser avec mon PDA, mais cela ne va pas tarder, je l'espère.

En route pour Google Calendar !

Google Docs & Spreadsheets

Google vous offre la possibilité d'accéder à un tableur du style Microsoft Excel ou Open Office Calc (son homologue gratuit et multiplateforme), mais en ligne. Ce service vous permet de créer vos propres feuilles tabulaires (avec un ou plusieurs onglets), d'en importer à partir de fichiers au format des deux logiciels précédents (voire au format CSV). Il permet d'en faire de même avec des documents du même style que Microsoft Word ou Open Office Writer (fonction d'importation disponibles de manière analogue). Il est même possible d'importer un nouveau document, une nouvelle feuille à partir d'un envoi d'e-mail. De plus, le moteur de recherche est toujours là, ce qui vous permet de rechercher des mots clé dans vos documents et feuilles. Il n'est pas non plus négligeable de pouvoir suivre les évolutions des documents par l'intermédiaire de la visualisation de ses différentes versions.

L'aspect collaboratif n'est pas à négliger, puisqu'il vous est possible de partager ces feuilles et ces documents avec d'autres personnes disposant d'une boîte e-mail. Il vous est possible de préciser qui sont les collaborateurs, qui sont les personnes autorisées à visualiser. Cette dimension me semble très intéressante puisqu'au lieu de vous échanger par e-mail des documents, il vous suffit de vous échanger son URL.

Pour être honnête, je dois avouer que j'utilise encore de manière très épisodique ce service (barrière de la confidentialité de mes documents "office" ?), mais il me semble tout à fait digne d'intérêt. Notamment, si vous voulez partager des notes ensemble, ce service est fait pour vous. Pour les curieux, rendes-vous sur Google Docs & Spreadsheets !

Google Reader : le lecteur de flux RSS universel

Il s'agit d'un service qui vous permet de concentrer la lecture de tous vos flux RSS en un seul endroit. RSS n'est pas encore suffisamment démocratisé pour que tout utilisateur lambda du web sache nécessairement ce que c'est, mais à mon avis, cela va venir.

Plutôt que d'utiliser un logiciel dédié à cette tâche (et du coup d'avoir à l'installer sur chaque machine que vous utilisez, même dans le cas de Firefox), ce service vous permet de définir vos flux RSS, et de visualiser les nouvelles sur tous ces flux depuis une seule page web. De plus, vous pouvez poser des labels sur les différents flux, ce qui permet de réaliser un classement. Il vous est également donné de pouvoir importer ou exporter toutes ces définitions de flux RSS au format OPML (parlez-en à votre lecteur RSS du moment, il saura de quoi je parle), ce qui est très pratique pour initialiser ce service, voire de synchroniser avec un autre lecteur (est-ce bien nécessaire ?).

De plus, vous pouvez associer des étoiles à certaines nouvelles, les partager avec d'autres, et Google Reader se souvient des nouvelles déjà lues. Ces nouvelles peuvent être partagées par l'intermédiaire d'une page web qui est générée par Google, voire par l'insertion d'un petit morceau de script Javascript dans une page web existante. Je ne parle pas de la facilité d'inscription à des flux qui est proposée par Firefox V2. De toute manière, ajouter un nouveau flux est un jeu d'enfant, et ce service vous propose des affichages de nouvelles de manière personnalisée.

Ce n'est plus la peine d'attendre, alors en route pour le monde merveilleux de Google Reader : vous n'aurez plus aucun logiciel à installer !

Google Photos + Picasa : partager vos photos et vos vidéos

Si vous avez des photos ou des vidéos à partager, tout en pouvant restreindre leur accès au travers de galeries (on peut parler d'album), ce service est pour vous. Tout l'intérêt de ce service se révèle lorsqu'il est couplé avec le logiciel Picasa (société rachetée par Google) : Picasa vous permet d'importer vos photos de votre appareil photo numérique (ou toute fichier d'image existant), de les retoucher de manière très simple et intuitive, puis de créer des galeries qui seront publiées sur le web. Picasa un logiciel parfait qui fonctionne sur la plupart des environnements (Windows, Linux, Mac). Grâce à lui, vous pouvez permettre au personnes de votre choix de télécharger certaines photos. Sous Windows XP, vous pouvez télécharger Picasa en installant le paquetage Google Pack.

Vous pouvez donc donner accès à vos galeries de photos à toute personne disposant d'une adresse e-mail. Vous pouvez ajouter les galeries des autres dans vos galeries favorites. Bien entendu, vous pouvez recherchez dans vos photos et vos favoris grâce à des mots-clé. Vous pouvez proposer des slides shows de vos galeries (voire les donner à imprimer, mais pas encore très opérationnel en France pour le moment). Vous disposez d'un espace de 250 MB pour importer vos photos, et vous pouvez payer pour bénéficier de davantage d'espace (jusqu'à 6,25 GB). Vous pouvez même offrir un flux RSS permettant à vos proches d'être automatiquement notifiés en cas de nouvelles photos. Enfin, il vous est possible d'intégrer un album dans un site web existant.

Alors, c'est parti pour le partage de vos photos avec Google Photos

Google Blogger : un blog en trois clics

Si la création d'un blog vous démange, ce service est fait pour vous : c'est un moyen très simple pour les néophytes. Bien entendu, vous pourrez configurer l'apparence de votre blog. Je n'utilise pas ce service (mon blog est construit avec d'autres outils et hébergé sur ma machine), mais je l'ai essayé, et comme d'habitude, la magie de Google opère, autant de part sa simplicité d'utilisation que pour son ergonomie sans faille. La rédaction de vos articles se fait depuis votre navigateur web en WISIWIG ("What You See Is What You Get", comprendre "ce que vous saisissez à l'écran sera ce qui sera affiché"). Vous pouvez créer de nouveaux articles par e-mail, permettre à d'autres personnes disposant d'un e-mail de partager votre blog, et enfin vous faire payer en ajouter des publicités Google AdSense (pourvu que votre blog soit visité).

Irez-vous créer votre blog sur Blogger et donner libre cours à votre expression ?

Google Page Creator : la création d'un site à portée de doigts

Google ne pouvait pas rater ce créneau : si vous n'y connaissez rien en informatique, vous pouvez créer votre propre site web de manière extra simple. Vous disposez d'un espace de 100 MB pour donner libre cours à votre imagination. Tout est bien entendu paramétrable, et vous pouvez d'entrée de jeu choisir un modèle de présentation, ce qui vous permet de proposer une charte graphique uniforme. La mise en forme est également configurable, vous saisissez le contenu comme si vous étiez dans votre traitement de texte favori. Bien entendu, vous pouvez directement éditer le HTML (le langage dont est fait toute page web) si vous êtes initiés. Il vous est possible d'importer des fichiers, qui pourront être utilisés par votre site. Enfin, vous pouvez y intégrer des gadgets Google (logique, non ?).

En route pour la création de votre site avec Google Page Creator. !

Google Toolbar : améliorez votre navigateur web

J'avais failli l'oublier, et c'est peut-être l'un des services les plus connus de Google. Ce service vous permet de rajouter une ligne dans la barre d'outil de votre navigateur favori (Internet Explorer, Firefox, Safari). Cette barre est totalement configurable - un article entier ne suffirait pas à décrire tout ce qui s'y trouve - et en particulier une zone de recherche qui permet de saisir directement des mots-clé et une fois soumis, d'être renvoyé à la page résultante de recherche Google. Cette barre permet en outre de vérifier l'orthographe du texte que vous saisissez, permet de surligner des mots-clé, de vous abonner à des flux RSS... Il faut être un peu curieux et jeter un coup d'oeil aux options pour se persuader que cette barre regorge vraiment de mille richesses.

Vraiment, vous n'avez pas encore installé la Google Toolbar ?

Google Desktop : indexer votre disque dur

Si vous ne parvenez jamais à retrouver vos fichiers, vos e-mails sur votre machine, ce service pourrait bien vous aider. Il fait écho à l'initiative de Microsoft avec Desktop Search (ou ne serait-pas le contraire). Google indexe vos fichiers, e-mails en tâche de fond, puis vous permet d'utiliser votre navigateur web comme moteur de recherche, mais ce dernier recherche en local et vous renvoie les réponses sous la même forme que la recherche Google sur Internet (d'ailleurs, sur votre page d'accueil Google, vous verrez un nouveau lien apparaître). Google offre la possibilité de rajouter des gadgets spécifiques visibles sur votre page Google Desktop (je n'ai pas essayé). Là, Google cherche vraiment à s'introduire chez vous. Personnellement, j'avais installé ce service, mais je trouve tout de même l'approche un poil trop intrusive...

Curieux à votre tour de voir ce que Google Desktop apporte à la recherche en local sur votre machine ?

Google API + Google Code Search + Google Project Hosting : le bac à sable des boutonneux

Si vous êtes un geek comme moi, c'est la partie immergée de l'iceberg. Je suis en train de me mettre dessus, et il faut retenir qu'à peu près tous les services évoqués plus haut sont accessibles de manière programmatique. C'est la magie de Google API, qui va vous permettre d'accéder à tout ce petit monde par le biais de pas mal de langages (Javascript, Java, Python, C#). Cette API (comprendre "Application Programming Interface" pour les non programmeurs) vous permet d'ailleurs d'étendre ces services.

Si vous codez comme un fou et que l'utilisation d'une fonction/bibliothèque vous résiste car vous ne trouvez pas d'exemple de code, Google Code Search est fait pour vous, car il permet de rechercher des morceaux de code, par langage, au travers d'expressions régulières. Si au moins cela nous permet de progresser en expressions régulières (les "expressions régulières" sont un peu un truc du style la thermodynamique pour le taupin moyen)...

Google propose même dernièrement un hébergement de projet open-source via le service Google Project Hosting : Google se prendrait-il pour SourceForge (le site le plus populaire et le plus riche d'hébergement de projets dits "open-source") ?

C'était juste pour vous mettre l'eau à la bouche (d'accord, très peu de lecteurs sont concernés :).

Mais encore...

Il existe d'autres services Google que j'utilise. Mais là, pour être honnête, je commence à fatiguer (et vous aussi). J'y reviendrai certainement dans un prochain article, davantage destiné aux programmeurs. Si vous vous mettez à utiliser ne serait-ce qu'un seul des services présentés, j'aurais peut-être gagné mon pari en vous ayant contaminé.

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